12.05.2010

Voyage de la SFAADIR à Ravensbrück à l'occasion du 65ème Anniversaire de la Libération du Camp

16 - 19 Avril 2010

Cinquante cinq membres de la SFAADIR ont tenu à faire ce voyage dont cinq anciennes déportées, Jacqueline Fleury, le Docteur Annette Chalut, Gisèle Probst, Noella Rouget et Suzanne Orts.

En dépit du nuage islandais qui nous a privés d'avion, nous étions presque au complet à Ravensbrück, après 15 heures de car ou de voiture. Nous avons surtout regretté l'absence de Suzanne Orts.

Nous sommes arrivés à temps pour la lecture publique des textes et poèmes de déportées françaises, choisis avec l'Amicale présentée par le Docteur Insa Eschebach et Geneviève Bonin-Zamanski et lus par les petites-filles, parentes et jeunes amies des déportées, en alternance avec une traduction en allemand, en présence de Monsieur de Montferrand, Ambassadeur de France en Allemagne.

Ensuite la SFAADIR a inauguré la plaque mémoriale à Geneviève de Gaulle, à Germaine Tillion et à toutes leurs camarades  dans la cellule du bunker dédié aux Françaises. L'ambassadeur a dit quelques mots pour saluer cette initiative.

Pour sa part, Marie-José Chombart de Lauwe, Présidente de l'Amicale, a inauguré une stèle dans le jardin du souvenir.

L’après-midi a été consacré à la représentation, en version concert, de l’Opérette-Revue de Germaine Tillion « Le Verfügbar aux Enfers ».

Avec les voix des artistes du Chatelet, du chœur formé par des jeunes du lycée La Fontaine, mêlé à celui du chœur du Gymnasium Frédéric Haendel de Berlin et à l’Orchestre des Jeunes du Brandebourg, nul n'a pu résister à l’émotion. Les femmes de Ravensbrück étaient soudain présentes avec leurs souffrances et leur volonté de survivre. Le pari incroyable de Germaine Tillion était réalisé, elle les avaient ressuscitées sur les lieux mêmes où elle avait écrit cette opérette pour soutenir leur moral.

Il y a bien eu une "Journée des Françaises à Ravensbrück".

Le lendemain matin a été consacré aux cérémonies officielles en présence d'une représentante d'Angela Merkel, du président du Land de Brandebourg, et de M le Professeur Morsh, Président de la Fondation de Brandebourg pour les mémoriaux. Le Dr Annette Chalut a pris la parole au nom du Comité International de Ravensbrück.

La SFAADIR a déposé une couronne au monument qui fait face au lac et des roses au monument des fusillées.

Entre les cérémonies, les membres de la SFAADIR se sont répartis en groupes que ce soit pour visiter le camp, la maison des Aufseherinen, le bunker, le crématoire ou le camp d'Uttermark, mais surtout pour visiter le musée. Devant la maquette un peu sommaire du camp, Jacqueline Fleury a donné les indications complémentaires. Elle a fait de même devant chaque vitrine le long des salles d'expositions.

Ainsi, pour ceux et celles qui se sont ensuite promenés dans le camp, ces explications leur ont permis de mieux imaginer son fonctionnement et la vie dans les baraques et sous la "Tente".

Le Docteur Eschebach avait bien voulu organiser un rendez-vous avec Madame Landesk, architecte des Mémoriaux. Je lui ai exposé le projet de la SFAADIR de proposer la reconstruction d'une baraque avec son agencement intérieur. Elle m'a laissé entendre qu'elle soutiendra cette initiative. Elle suggère que cette reconstitution ait lieu derrière le mur des Nations. cette partie du camp devrait  devenir bientôt la propriété de la Fondation, ce qui faciliterait sa réalisation. De toutes façons, elle m'a conseillée de présenter ce projet au Docteur Morsch afin qu'il puisse être évoqué lors de la réunion d'experts qui doit se tenir au mois de juin, ce que j'ai fait.

Le voyage du retour en car a été l'occasion pour les uns et les autres de partager leurs motivations à faire ce voyage et les souvenirs qu'ils et elles en garderont.

Quelques informations : le Cabinet de M. Falco a demandé à la SFAADIR de participer à l'élaboration d'une manifestation qui mettrait en valeur l'action de la Résistance.

Le prochain Conseil d'Administration de la SFAADIR aura lieu en juin, ainsi que la parution de la 3ème lettre d'information.

Merci à tous et particulièrement à Dominique Villard pour l’organisation du voyage.

06.05.2010

LA 83ÈME SESSION DU COMITÉ DES RÉGIONS

10-11 février - Bruxelles : L’installation du nouveau Comité des Régions pour 5 ans a été l’occasion de saluer les nouveaux pouvoirs qui lui sont conférés par le Traité de Lisbonne et qui lui permettront de mieux intervenir dans l’action de l’Union au service de l’intérêt des citoyens et de protéger les prérogatives locales et régionales. Le Comité des Régions a procédé à l’élection de sa présidente, MmeMercedes Bresso, Présidente du Piemont et son premier Vice Président, M. Ramon Valcarcel Siso, Président de Murcie, puis à la constitution de ses commissions et de leurs présidents :
• Commission des Ressources Naturelles, NAT, Georges Papasergiou (Gr)
• Commission de la politique de cohésion territoriale COTER Michel Delebarre (Fr)
• Commission de l’environnement, du changement climatique et de l’énergie, ENVC Ilman Reepalu (Su)
• Commission de la citoyenneté, de la gouvernance, des affaires institutionnelles et extérieures CIVEX, Luc Van den Brande (Be)
• Commission de la politique économique et sociale ECOS, Arnoldo Abramavicious (Lit)
• Commission de l’Education, de la Jeunesse, de la culture et de la recherche EDUC, Alin Nica (Ro)
• Commission Ad hoc sur le Budget de l’Union, Flo Clucas (GB)

M. Manuel Chavez Gonzalez, Vice Président du gouvernement espagnol compte s’appuyer sur les autorités locales et régionales pour relever les défis économiques et environnementaux que la Présidence espagnole s’est fixée. Il a salué les nouveaux membres du Comité des Régions qui ont un mandat de cinq ans pour orienter l’action de l’Union dans l’intérêt des citoyens. De plus, il a approuvé les termes de Mme la Présidente Bresso concernant l’interaction qui doit exister entre les niveaux européens, national et régional pour affronter les défis financiers et économiques de l’Union.

Par ailleurs Manuel Chavez a invité la Présidente Bresso à participer à la réunion des 27 ministres chargés de la politique territoriale et il a annoncé le Sommet européen des pouvoirs locaux avec les représentants des Institutions européennes et des Gouvernements des Etats membres en mars 2010.

N.B. : Les collectivités locales et régionales de l’Union représentent
16% du PIB, 33% des dépenses publiques, 66% des investissements
publics et 56% des emplois publics.

 

Examen des Avis

« Répondre aux enjeux de la filière européenne et renforcer son ancrage territorial ». Pour M. Le Drian, Fr, la transition technologique vers des véhicules plus propres doit devenir une priorité absolue.
« Année européenne du volontariat (2011) ». Pour M. Mcdonnel, Ir, le bénévolat est une dimension essentielle de la citoyenneté active et de la démocratie.
« Sixième rapport d’étape sur la cohésion économique et sociale ». Mme Clucas, GB, prend acte du fait que la cohésion territoriale constitue désormais un objectif politique de l’Union et demande qu’elle donne lieu à des propositions concrètes dans la programmation des fonds structurels.
« Développement durable : le rôle du commerce équitable ». Pour Mme Kiessler, All. le commerce équitable constitue un segment de marché en croissance qui nécessite le soutien des collectivités locales et régionales pour se développer de manière cohérente.
« La politique de qualité des produits agricoles » Pour M. Sanz Alonso, Esp, attirer les consommateurs vers les produits régionaux à partir d’un système européen de qualité agroalimentaire.
« Aide aux agriculteurs établis dans des zones à handicaps naturels » Pour M. Durnwalder, It. les paiements compensatoires qui sont versés pour
des désavantages dûs aux handicaps naturels ou à des conditions de production défavorables ne sont pas une mesure agro-environnementale.
« Stratégie européenne : investir en faveur de la jeunesse ».M. Rombouts, NL, insiste sur deux points : la responsabilité des collectivités locales et régionales pour mettre en oeuvre une politique en faveur des jeunes ; le devoir de garantir à tous les jeunes le développement de leurs capacités.
• « Prévenir l’exclusion et promouvoir l’épanouissement personnel ». Mme Lacombe, Fr. Il faut réduire l’illettrisme, source d’exclusion. De nombreuses initiatives existent, il faut les généraliser.
« Promouvoir la mobilité des jeunes à des fins d’apprentissage » Mme Mannle, All, non seulement c’est une contribution à leur épanouissement personnel mais c’est l’occasion d’acquérir de nouveaux savoirs pour élargir leurs atouts sur le marché du travail.
« L’internet des objets et la réutilisation des informations du secteur public » M. Enache, Ro. Il permet de fournir aux citoyens des services publics sur mesure et plus efficaces.

EUROPE 2020 - ANALYSE CRITIQUE

Europe 2020 a le mérite de se fixer des objectifs ambitieux en terme de croissance économique et de prôner une action conjointe de tous les Etats membres pour y parvenir. Le Conseil Européen y veillera et chaque pays devra rendre compte des initiatives qu’il aura prises pour atteindre les objectifs tels que définis et acceptés.

Ces initiatives sont au nombre de sept :
• Améliorer les conditions d’accès au financement de la recherche et de sa transformation en produits et services créateurs de croissance et d’emplois
• Assurer la performance des systèmes éducatifs
• Accélérer le déploiement de l’internet à haut débit
• Accroître le recours aux énergies renouvelables
• Renforcer le soutien aux entreprises et notamment aux PME
• Faciliter la mobilité professionnelle et l’acquisition de nouvelles compétences

Outre la nécessité pour les 27 membres de l’Union d’agir conjointement, Europe 2020 insiste sur le besoin de disposer d’une représentation extérieure diplomatique et commerciale plus performante et mieux coordonnée, capable de soutenir une politique industrielle européenne innovante à l’ère de la mondialisation.

Plusieurs remarques s’imposent :
• Les objectifs comme les initiatives d’Europe 2020 sont déclinés au niveau national sans faire une référence explicite au rôle des autorités locales et régionales
• Europe 2020 ne s’attaque pas aux blocages qui entraveront ses objectifs tels que :
- l’absence d’un vrai marché unique basé sur une législation européenne,
- un budget insuffisant et dont l’emploi mériterait d’être amélioré,
- l’inexistance d’un marché européen du capital risque,
- un système financier qui n’a pas été suffisamment réformé pour s’imposer et s’opposer aux dérives mondiales.
- L’absence de politique de communication à l’égard des citoyens ou de leurs représentants les plus proches pour leur faire partager objectifs et initiatives.

Ces divers blocages et lacunes démontrent qu’Europe 2020 ne se donne pas pour ambition d’atteindre à une union politique de l’Europe alors que si elle n’est pas réalisée en 2020, le monde continuera à regarder l’Europe comme une multitude de petites nations sans interlocuteur unique.

Il manque à l’Europe un Président d’envergure internationale, capable de fédérer ses Etats membres.